femme avec foulard
Portraits d'Écolos Imparfaits

Deborah nous dit tout de l’upcycling et de la consommation responsable !

Il y a quelques années, Deborah décide de passer à l’action en sensibilisant autour d’elle sur la consommation responsable. Pourtant fashion addict, tout commence par un compte Instagram qui devient rapidement populaire, jusqu’à la création d’une boutique en ligne dédiée à l’upcycling. Deborah a la volonté de vous convertir à l’économie circulaire pour un monde durable. Dans ce nouveau portrait d’écolo imparfait, on a interrogé Deborah sur la mode durable, l’upcycling, le recyclage et ses conseils pour adopter une consommation responsable !

Pour retrouver Deborah et ses projets :

Qui se cache derrière Je Me Recycle ?

De la prise de conscience environnementale au passage à l’action

Mélissandre : On se retrouve aujourd’hui au micro des écolos imparfaits pour une nouvelle interview où on fait le portrait de Deborah. Deborah, qui est derrière le compte Instagram, le blog Je Me Recycle et qui a créé la boutique en ligne Linverse !

William :  Pour introduire cette interview, est-ce que tu peux te présenter et nous dire un peu plus qui tu es et l’événement déclencheur pour adopter un mode de vie plus écoresponsable pour toi ?

Deborah Je Me Recycle : D’abord, merci et bonjour à tous ! Merci de me recevoir ce matin, je suis très contente de commencer ce vendredi matin avec vous.

J’ai ouvert un compte Instagram il y a 3 ans à peu près. Ce compte Instagram m’a beaucoup aidé à essayer de prendre conscience de l’impact de ma façon de consommer au quotidien. J’avais déjà une petite sensibilité, sur ce qui se passait notamment dans le secteur de la mode.  Je voulais une alimentation plus saine et plus biologique. Lancer ce compte Instagram, ça m’a permis d’aller chercher des informations et de pouvoir commencer à partager autour de moi ce que j’apprenais. Ce compte a été le tournant dans ma volonté d’avoir un mode de vie plus en accord avec mes valeurs.

Mélissandre : Comment tu as vécu cette prise de conscience ?

Deborah Je Me Recycle : Je ne l’ai pas ressenti de manière difficile au niveau du moral. Ça me met plus en colère qu’autre chose. Quand je me rends compte justement qu’il y a des choses qui ne se passent pas comme elles devraient.  On n’en parle pas et c’est ce manque d’information et de transparence qui est assez frustrant. Ça me donne plus envie de militer qu’autre chose en fait ! Ça me donne envie de trouver les mots, pour sensibiliser le maximum de personnes. J’ai envie de sortir de ce discours « je ne savais pas », ou « je n’avais pas les infos » ou « je ne sais pas les trouver ».

Aujourd’hui on a des outils qui sont ultra puissants grâce à internet ! Notamment, qui sont des moyens de pouvoir discuter et échanger. On a les moyens d’aller voir par nous-mêmes et de chercher les informations. Donc j’ai plus envie que ce soit un moteur de motivation plutôt qu’une frustration.

Me lancer là-dedans, ça me donne plus l’impression d’être utile. Effectivement, prendre conscience de notre consommation, aujourd’hui c’est prendre conscience qu’il y a des choses qui ne vont pas. On parle de la survie de l’espèce humaine, ce n’est quand même pas anodin !

Par contre, moi d’être active et de m’engager, de sensibiliser au maximum les personnes comme je le peux, ça me permet d’être utile et de me sentir utile. J’arrive à garder la tête hors de l’eau grâce à ça.

C’est quoi avoir une consommation responsable ?

Mélissandre :  C’est super que ce soit ton carburant et pas un frein. On parle d’éco-anxiété, parce que souvent on se sent paralysé quand on découvre tout ça. Se mettre en action est essentiel pour en sortir.  Tu as pris conscience un petit peu de ta consommation pour avoir une consommation plus responsable. Qu’est-ce que c’est avoir une consommation responsable aujourd’hui ?

Deborah Je Me Recycle : Je pense que c’est déjà apprendre à se poser les bonnes questions et surtout prendre conscience de notre responsabilité en tant que consommateur. La transition écologique ne repose pas que sur nous de manière individuelle, c’est un problème qui est beaucoup plus global. Il faut prendre en compte la dimension économique collective et évidemment une grosse part aussi des responsabilités du politique.

Par contre, j’aime l’idée qu’en tant qu’individus qui dépensons notre argent, nous avons cette possibilité d’impliquer un changement. Une fois qu’on s’en rend compte, c’est hyper important parce que c’est finalement à nous en tant que consommateur de décider de l’impact qu’on veut donner à nos achats. Tout simplement en faisant de meilleurs choix. C’est vrai qu’on est souvent assez dépendant de ce qu’il y a sur le marché, de ce qu’il y a comme magasin dans notre quartier. Mais finalement quand on se rend compte qu’on a plus de possibilités, il suffit juste de chercher un petit peu.

On peut faire des choix et se responsabiliser à titre individuel. Consommer de manière plus responsable, c’est au moins prendre conscience de ce pouvoir-là.

Mélissandre : Aujourd’hui, notre porte-monnaie, c’est un moyen de vote ?

Deborah Je Me Recycle : C’est ça exactement ! C’est même un moyen, de soutenir des entreprises financièrement. Les grandes marques de fast fashion par exemple qui perdurent aujourd’hui, c’est parce qu’il y a des clients tout simplement. En tant que client, notre responsabilité elle est juste d’être exigeante envers le type de valeur qu’on a envie de véhiculer, et envers le type d’entreprise qu’on a envie de soutenir par rapport à nos achats.

Mélissandre : C’est un bon point à relever, parce que je pense qu’il y a beaucoup de gens qui se disent « c’est comme ça, je pourrais rien changer moi à ma petite échelle » ou « je ne peux rien faire face à des géants comme des grosses firmes multinationales ». Alors qu’en fait avec ce pouvoir d’achat, si c’est possible.

Au bout d’un moment, c’est une question économique : ils n’auront pas le choix de changer. On en reparlera juste après, cette prise de conscience écologique est utilisée par beaucoup de marques mais pas dans le bon sens aujourd’hui.

Apprendre à consommer autrement

Par quoi on commence pour changer sa consommation ?

Mélissandre : En termes de consommation responsable, c’est quoi les premières choses que tu as mis en place quand tu as décidé de changer ta consommation ?

Deborah Je Me Recycle : Je ne me suis pas réveillée du jour au lendemain en me disant « ouais je vais tout changer dans mon mode de vie ». C’est beaucoup plus complexe que ça et surtout c’est une réflexion qui a été progressive et qui est toujours constamment en train d’évoluer.

Ça ne s’est jamais arrêté parce qu’on a des modes de vie assez riches. Consommer de manière plus responsable, ça touche à beaucoup de secteurs. Parfois, il y a des choses que je suis fière d’avoir mises en place, où finalement je suis obligée de revenir en arrière. C’est quelque chose qui est constamment en train de d’évoluer.

Faut savoir par exemple, que je travaillais dans un centre commercial. Donc j’adorais acheter des vêtements tout simplement. Je passais toutes mes pauses déjeuners à faire les boutiques littéralement ! Quand je me suis rendue compte de ce qui se passait derrière la plupart des marques chez qui j’étais cliente, je me suis dit « oula ça va pas du tout, qu’est ce qui se passe ? ».

La première chose que j’ai faite c’est commencer à boycotter certaines marques. C’est d’arrêter d’acheter, notamment dans la mode parce que c’est l’un des secteurs les plus faciles à changer. Ça a été assez déterminant dans ma consommation. Quand on sait qu’on ne porte que 30% de notre dressing, on n’a pas besoin d’autant de vêtements et d’en acheter.

Me mettre dans cette première phase de déconsommation, ça a été vraiment ce qui m’a permis de prendre du recul, de me dire que non, je n’ai pas besoin d’acheter autant. C’est surtout prendre du recul par rapport à ce que ça signifiait de consommer et d’acheter un nouveau vêtement.

La première chose c’est donc définir le besoin de cet achat et une fois qu’on a déterminé qu’il était pertinent, réfléchir à comment l’acheter de manière responsable.

La seconde main au cœur de la consommation responsable

Deborah Je Me Recycle : Dans un premier temps c’est d’éviter ces marques là tout simplement, et de s’orienter vers d’autres possibilités. Par exemple, l’emprunt, la location, la 2nde main. J’ai des vêtements de 2ndemain, et je continue à acheter mes vêtements comme ça aujourd’hui. J’achète aussi en fonction de mes moyens. La 2nde main, ce sont des vêtements qui existent déjà, et au moins je ne contribue pas à financer des entreprises qui sont peu transparentes dans leur manière de fonctionner.

C’est là où je me dis, qu’il y a des réflexes qui sont assez faciles à mettre en place. J’ai besoin d’un nouveau vêtement, je l’achète quand même, mais je l’achète de manière plus responsable.

Mélissandre : C’est vrai que ce sont des réflexes à avoir. Ça finit par rentrer dans les habitudes. Tu parlais de la 2nde main, quand on se renseigne un petit peu sur ce qui se passe dans l’industrie de la mode et la fast fashion, c’est aberrant. C’est même aberrant d’acheter du neuf tout court à part si ce sont vraiment des marques très éthiques.

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Comme nous achetons quasiment tout d’occasion, ça ne nous vient même pas à l’idée d’acheter du neuf ! L’objet est déjà là en fait ! Des fois, les gens revendent même quand c’est encore neuf juste sans l’emballage. Pourquoi reproduire quelque chose, remettre un système de production derrière alors que le truc est déjà là et coûte moins cher.

La première chose à faire, c’est de se poser la question « qui est ce qu’on va financer à travers cet achat ? »

Mélissandre : Quelqu’un qui voudrait se lancer aujourd’hui et qui part de zéro, si tu avais 2 ou 3 conseils, ça serait quoi ?

Deborah Je Me Recycle : Je pense que la première chose à faire, c’est de se poser la question « qui est ce qu’on va financer à travers cet achat ? ».  Qui se cache derrière la plupart des marques ? Souvent elles appartiennent en fait à des grands groupes qui eux vont polluer d’une autre manière. On en n’a pas toujours forcément conscience parce qu’il y a un gros manque de transparence sur ce genre d’entreprise.

Il faut apprendre à se poser la question de l’impact qu’on a envie de donner à travers nos achats. Qui est ce que j’ai envie de soutenir ? Après, c’est juste de manière progressive apprendre à aller par nous-mêmes chercher les informations que ce soit dans les vêtements ou dans les cosmétiques. Apprendre à décrypter une étiquette, ce n’est pas forcément évident, mais petit à petit on en prend le réflexe. Il faut faire l’effort, de la lire, d’essayer de comprendre quels sont les ingrédients, etc. Si on a repéré un ingrédient ou une fibre textile à éviter, on sait qu’on va pouvoir boycotter une marque plutôt qu’une autre.

C’est petit à petit, il faut se poser les questions à la manière de l’entonnoir. Regarder de manière globale d’où vient le vêtement, comment il est fabriqué, dans quelles conditions, ensuite la composition, qui on soutient ? Progressivement ces réflexes vont devenir une habitude avant chaque nouvel achat.

Mélissandre : C’est vrai que maintenant on commence à avoir les ingrédients en tête. Au début on avait nos mémos en photo sur le téléphone quand on faisait les courses.

Deborah Je Me Recycle : Les étiquettes, moi je regarde systématiquement. Des fois sans raison parce que je connais bien la marque mais j’en ressens le besoin. Je trouve ça important de vérifier d’une part et même je trouve ça hyper enrichissant de juste apprendre comment l’objet a été fabriqué. Il y a tout un processus, dont nous n’avons pas conscience en tant que consommateur. C’est beaucoup plus complexe que juste le trajet rayon vers chez moi. Je trouve ça très intéressant d’essayer de comprendre le cheminement de la conception à la distribution d’un produit.

Mélissandre : C’est aussi nécessaire parce que le produit n’a pas un impact que quand il est dans notre dressing ou quand nous on va le jeter. C’est tout un cycle.

La place des réseaux sociaux pour sensibiliser

La dissonance cognitive entre réseaux et consomm’action

Mélissandre : Ces questions-là, tu les abordes sur les réseaux sociaux, notamment sur ton compte Instagram. L’utilisation des réseaux sociaux dans une démarche écologique est assez remise en question parce que c’est de la consommation de données. D’autant plus Instagram, qui est assez superficiel.

Quelle est ta position vis-à-vis des réseaux sociaux comme porte-parole quand on veut avoir une consommation responsable ?

Deborah Je Me Recycle :  C’est une question très intéressantes et très complexe ! Le fameux « t’es écolo mais t’as un IPhone ! ». Oui, on se comprend des réflexions régulièrement. Instagram est en train d’évoluer, ça va devenir une plateforme de vidéo avant tout. Alors, il n’y a rien de plus polluant que les vidéos comme contenu. Pour le coup, on se retrouve un peu piégé en tant que créateur de contenu. Si on veut que notre contenu soit diffusé, on est obligé de s’adapter à ce nouveau format, qui est aussi consommé plus facilement et qui demande des fois des heures.

J’avais tenté ce format pour parler de la fast fashion. En effet, je m’étais prise quelques petites réflexions sur le fait que j’utilisais moi-même la vidéo pour parler de quelque chose de polluant. J’ai compris qu’il y a des gens à qui ça ne va pas plaire, et ils ont raison car les réseaux ont un impact d’utilisation. Je me dis aussi qu’il faut arrêter d’être hypocrite.  Je vois les réseaux comme un vecteur puissant de diffusion de l’information. C’est ce qui m’a encouragée à créer un compte Instagram à la base.

Je n’utilisais pas Instagram de manière personnelle. Ça ne m’intéresse pas de poster des photos de moi ou de ma vie. Par contre, je travaille dans le marketing à l’origine, donc je sais à quel point une présence sur les réseaux peut être hyper impactante. J’aimerai bien qu’on utilise ces pouvoirs à bon escient et pour faire de bonnes choses. J’ai envie que les réseaux sociaux participent à ça, même s’il ne faut pas se leurrer les comptes engagés sur l’écologie et l’environnement auront toujours beaucoup moins de visibilité que des stars de téléréalité par exemple.

Mélissandre :  L’algorithme aussi des réseaux change souvent et si toi tu postes du contenu pertinent, la personne avec des milliers d’abonnés sera plus visible même si le contenu est médiocre. C’est clairement le contenu qui pousse à cliquer qui gagne.

William : Ce n’est pas forcément vrai, il n’y pas de règle générale. On ne comprendra jamais l’algorithme, on est absolument dépendants de comment Facebook ou Instagram veut fonctionner malheureusement.

Se servir des réseaux sociaux comme porte parole écologique

Deborah Je Me Recycle : Ça c’est clair ! Pour revenir sur cet exemple où j’ai utilisé les réseaux sociaux pour faire passer mes messages, il y a tellement de personnes que ça touche aussi d’un autre côté que c’est hyper stimulant. Ça donne envie de continuer. Je sais que j’ai écrit un post polluant, mais en même temps, voilà c’est comme que fonctionnent les réseaux sociaux aujourd’hui. Moi je n’ai pas la main dessus, par contre si ça peut aider 10, 20 ou 30 personnes à prendre conscience de leur consommation je pense que c’est déjà pas mal.

L’impact du numérique, on pourrait y revenir, il y a aussi des solutions pour diminuer cet impact-là. Même si ça va prendre du temps et que c’est très compliqué, en tant qu’utilisateurs, on a aussi la main sur certaines choses. On peut éviter de stocker inutilement, ou en reprenant nos appareils reconditionnés. Il faut aussi faire passer ces messages là et les réseaux sociaux le permettent. C’est assez complexe comme situation, mais j’ai bon espoir qu’on puisse améliorer les choses sans trop se taper dessus.

William : Oui ça a un impact les réseaux sociaux, mais aujourd’hui on est dans une ère digitale où on ne peut plus s’en passer.

Deborah Je Me Recycle : Voilà, comme on ne peut pas s’en passer,  je préférerais qu’on essaie tous ensemble d’en faire quelque chose de bien. Que ce soit un outil vraiment bienveillant et respectueux plutôt que se taper dessus.

Mélissandre :  Tu as eu des remarques négatives mais c’est facile de pointer du doigt quelqu’un quand tu ne vois que 10% de ce qu’elle fait et pas tout l’engagement derrière. Le compte de Bon Pote a aussi abordé cette problématique. Il fait des articles très pertinents sur le réchauffement climatique et justement il dit que c’est hypocrite de pointer ces influenceurs écolos. Surtout, que les personnes incriminant les créateurs de contenus informatifs sur ce sujet ne font pas un quart de ce qu’ils font en termes de transition écologique.

Deborah Je Me Recycle :  A un moment donné, personne n’est parfait !  Dans la mesure où on vit et où on consomme tout simplement, il y aura toujours un impact écologique. Par contre, on a tous la main pour essayer d’améliorer cet impact. Et la première chose à faire, c’est d’essayer de comprendre l’autre et de se mettre à sa place. Et de ne pas faire culpabiliser les gens, parce que ce n’est pas en culpabilisant les gens que ça va améliorer les choses.

A la base de l’écologie, c’est être en harmonie et dans le respect de l’environnement dans lequel on vit. Le respect de l’environnement, ça passe aussi par le respect des autres. Vivre ensemble, c’est la base de tout. Je pense qu’il faut arrêter de se taper dessus comme on disait, il faut juste apprendre les uns des autres. J’ai un côté un peu optimiste là-dessus, et j’espère que ça va évoluer dans ce sens-là un jour.

Linverse, la e-boutique dédiée à l’upcycling

Un projet qui met en lumière l’économie circulaire

William : On l’espère aussi ! J’aurais aimé revenir sur ton 2nd projet, qui était la boutique en ligne éthique Linverse. Comment est venu ton projet ? D’où est née l’idée ? Quel est le but aujourd’hui de cette boutique en ligne ?

Deborah Je Me Recycle : On en parlait un petit peu au début, quand on disait que ce n’était pas facile de savoir à qui faire confiance quand on veut mieux consommer. Le projet de Linverse n’est pas venu tout seul. On est plusieurs dessus, notamment je travaille avec Pauline, une amie avec qui je discutais beaucoup. Je commençais à être un peu active sur les réseaux et on parlait de l’impact de la consommation et comment mieux faire les choses. On s’est rendu compte, qu’il y avait des marques, des créateurs et des artisans, qui faisaient des choses exceptionnelles.

Le problème, c’est qu’on ne sait pas où chercher ni où les trouver. Souvent quand on est consommateur, on va dans des endroits qu’on connaît bien. On achète où c’est visible. Dans le secteur du e-commerce, il faut être visible pour avoir des clients. Nous avions envie de proposer un endroit où ces marques-là, qu’on aurait sélectionnées sur des critères qui nous correspondent. Un endroit où elles seraient plus visibles.

On s’est aussi posé la question de la consommation plus responsable. Il y a plusieurs moyens d’être responsable, je pense qu’il n’y pas qu’une définition. On a eu envie de se la réapproprier un petit peu. On parlait de la 2nde main, et il n’y a rien de plus écolo que ce qui existe déjà ! Il y a aussi le même principe par rapport aux matières. Aujourd’hui, je ne trouve pas que ça fasse énormément de sens de fabriquer un énième t-shirt en coton, même bio.  On sait que ça a un impact, ça consomme de l’eau, ça consomme de l’énergie et il y a énormément de gaspillage de matières. Sans compter ce qui finit à la poubelle et qui va aller polluer l’environnement à l’autre bout de la planète.

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Alors que finalement, on pourrait utiliser cette matière là et la réintroduire dans le cycle de la consommation. Ce qu’on a voulu faire, c’est sélectionner uniquement des marques et des créateurs qui utilisent des matières recyclées ou ce qu’on appelle revalorisées sur le principe de l’upcycling.

La différence entre upcycling et recyclage

William : Comment tu le définirais l’upcycling ?  Est-ce que ça s’arrête à un objet ? Quelle est l’idée pour que tout le monde comprenne cette notion ?

Deborah Je Me Recycle : L’upcycling, on parle aussi de surcyclage en français. Même si, le terme français est peu utilisé ou seulement par les anciens qui font ça depuis très longtemps. C’est une forme de recyclage plus naturel, puisqu’il n’y a pas ce processus de transformation mécanique ou chimique qu’il y a à travers le recyclage.

Le recyclage, on part d’une matière, on la transforme, on la broie, on y met des produits chimiques et hop ça devient une autre matière. Avec l’upcycling, on va prendre la matière en l’état, pour la réutiliser souvent de manière différente, mais surtout pour la réutiliser sans la transformer par essence. Je vais prendre un exemple tout simple, prendre des anciens rideaux donc des grands métrages de tissu, qu’on va transformer pour faire de nouveaux vêtements dedans.

Une des premières marques qu’on a rentrée sur Linverse, c’est une marque qui utilise des lances à incendies pour en faire des ceintures. C’est cette capacité à réutiliser des matières qui étaient destinées à être jetées pour les réintroduire dans le circuit de la consommation de manière différente.

Mélissandre : C’est super ton explication ! Je n’avais pas en tête la vraie différence entre upcycling et recyclage. Je me disais que l’upcycling était une question de fonction attribuée à l’objet. Je pensais que l’upcycling c’était donner une nouvelle fonction à un objet, une fonction pour laquelle il n’a pas été conçu alors que le recyclage c’était s’en resservir tel quel.

Deborah Je Me Recycle : Ça va beaucoup plus loin en effet, parce que si tu retransformes des choses, tu consommes de l’énergie etc. Pour ça, l’upcycling c’est super cool, parce qu’il n’y a pas de transformation. Je pense que c’est une forme de recyclage plus naturel. Effectivement, ton idée d’avoir une autre utilité pour l’objet est un principe de l’upcycling.

Je pense que la définition évolue aussi. C’est vraiment cette idée de : je pars d’une matière et comment je fais pour la réutiliser d’une autre manière, de façon à ce qu’elle ait une autre vie sans la jeter ? En général l’upcycling va se trouver dans les vêtements et accessoires ou aussi dans des objets au quotidien.

Avec Linverse, on a la volonté de pouvoir montrer toutes les alternatives qu’on peut avoir au quotidien dans leur version recyclée ou upcyclée. L’upcycling a aussi ses limites, notamment dans la mode, où on ne va pas pouvoir créer de grandes collections. Ça va être des pièces uniques ou limitées, donc on a quand même complété avec le recyclage qui permet de réutiliser de la matière. Le recyclage permet de combler un peu les contraintes de l’upcycling.

« Avec l’upcycling, le champ des possibles est quasiment illimité ! »

L’idée effectivement, est de pouvoir toucher tous les secteurs d’activité. Récemment, on a rentré une créatrice qui revalorise des meubles. L’utilité de base ne vas pas forcément changer, mais elle va systématiquement prendre de la 2nde main et apporter sa touche créative. Elle les remet en état, elle change les poignées, elle les modernise un petit peu, donc il y a une vraie valeur en plus de la 2nde main. Aujourd’hui, on a des vêtements, des bijoux, des atmosphères, mais on a aussi des meubles. J’aimerai bien que petit à petit, on puisse rentrer le plus de choses possibles. Récemment on a intégré aussi une marque de cosmétique ! C’est aussi intéressant de voir comment l’upcycling peut s’appliquer à d’autres secteurs d’activité. On part d’ingrédients du secteur de l’agroalimentaire, qui auraient dû partir à la poubelle, pour finalement les revaloriser sous une autre forme. En l’occurrence sur les cosmétiques, un des ingrédients est issu des rebus de l’agroalimentaire.

Finalement avec l’upcycling, le champ des possibles est quasiment illimité ! On est dans une économie purement circulaire.

William : Pour revenir dans l’agroalimentaire, c’est vrai qu’on n’y pense pas souvent. J’avais déjà vu un projet par un français pour les boulangeries. Au lieu de jeter le pain rassis et donc qui soit perdu, il le broyait pour refaire de la farine et refaire des pâtisseries ou des viennoiseries après. C’était une petite entreprise et il a réussi à exporter ça à l’international !

Deborah Je Me Recycle : C’est vrai que dans l’alimentaire, on ne pense pas à l’upcycling car on met plutôt le terme anti gaspi dessus à cause du gaspillage. L’anti gaspi c’est de l’upcycling, quand on cuisine des épluchures de légumes par exemple.

Mode éthique VS greenwashing

« On sélectionne des marques qui assument ce qu’elles sont, qui connaissent leur potentiel et leurs faiblesses »

Mélissandre : Aujourd’hui si on parle de mode éthique, comment fait-on pour sélectionner une marque en évitant le greenwashing ?

Deborah Je Me Recycle : Alors, ce n’est pas facile et ce n’est jamais parfait. Dans un premier temps, nous sélectionnons des marques de créateurs où l’on essaie d’être le plus transparent possible. C’est le premier critère, notamment en tant que consommateur. On essaie de comprendre la marque et d’analyser son discours. On essaie de voir ce qu’elle essaie de nous cacher ou pas.

Le greenwashing c’est mettre en avant des arguments écoresponsables, en faisant oublier que 90% du reste de la collection sont faits dans des conditions non éthiques et non écoresponsables.  On sélectionne des marques qui assument ce qu’elles sont, qui connaissent leur potentiel et leurs faiblesses.  Ce n’est jamais parfait et on ne demande pas à ce que ça le soit. C’est compliqué de l’être en tant que consommateur, alors on demande au moins aux marques d’assumer cela sans le cacher et de chercher à s’améliorer.

Par exemple, je discutais avec une créatrice qui s’est lancée dans la confection de sacs banane upcyclés. Ils sont faits avec les tissus issus de fin de stock comme des marques qui n’en veulent plus. Elle s’est lancée pendant le confinement, et à cause de la crise sanitaire, l’entreprise qu’elle avait trouvée pour confectionner ses sacs au Portugal a fermé. Donc elle a été obligée de trouver une autre solution, et aujourd’hui elle fait fabriquer ses sacs en Tunisie. Finalement d’une fabrication qu’elle voulait européenne, elle a dû s’adapter aux contraintes plus grandes qu’elle. Elle fait quand même attention à son fournisseur, avec ce dernier travaille, dans quelles conditions etc. Je sais que sa volonté aussi pour sa future collection est de revenir en Europe.

C’est ce genre de transparence que j’apprécie. On essaye de comprendre quels sont les points sur lesquels une marque peut travailler et quels sont les points qui sont parfois indépendants de sa volonté. Qu’est-ce qui justifie les choix de la marque à ce moment donné ?

L’upcycling, partout, même à la maison !

William :  Si nous voulons à la maison faire de l’upcycling, est-ce que tu aurais des idées de petits projets que quelqu’un pourrait faire chez soi ?

Deborah Je Me Recycle :  On met un mot sur ce concept génial, mais finalement est ce qu’on n’a pas tous déjà fait de l’upcycling à la maison ? Quand tu transformes une boîte de conserve en un pot à crayons par exemple. On détourne vraiment un objet qui allait partir à la poubelle pour en faire autre chose. J’ai un ami, qui aime bien faire les bougies maison. Il m’en avait offert une dans un pot de pâte à tartiner et j’avais trouvé ça génial ! Ce genre de petites choses sont faciles à faire. On peut vraiment faire de l’upcycling à la maison avec peu de moyens et beaucoup de créativité.

Par exemple j’aime beaucoup détourner mes vêtements. Je pars d’une ancienne veste, pour essayer d’en faire un petit top, ça c’est une forme d’upcycling. Il suffit juste de se lancer et d’essayer de faire des choses sans avoir peur.

« La poubelle doit être la toute dernière étape »

Recyclage des déchets
Recycler est essentiel mais a ses limites

Deborah Je Me Recycle : Pour pousser l’idée plus loin, ce mode de vie autour de la récupération et de la revalorisation, c’est de se dire que la poubelle doit être la toute dernière étape. C’est vraiment quand on n’a plus le choix. Parce que de toute façon, on connaît les limites du recyclage. Il faut réellement que nous nous responsabilisons sur la gestion de nos déchets car nous sommes dans une société qui ne sait pas le faire. C’est dingue de se dire qu’on ne sait pas les gérer ou les recycler et qu’on ne met pas les moyens là-dessus. On les envoie ailleurs pour ne plus les voir, c’est quand même affolant !

En attendant que les politiques et les collectivités se mettent à jour, on doit se responsabiliser à l’échelle individuelle pour essayer de remplir au minimum nos poubelles. Le passage de la poubelle doit être la dernière étape, donc à nous de trouver toutes les possibilités créatives ou non pour revaloriser nos objets.

Mélissandre :  Nous à la maison, on a des meubles qu’on a fait avec des palettes récupérées. Il y a beaucoup de gens qui font ça, mais c’est vrai que ça nous a quand même fait faire des économies. Par exemple William a fabriqué son bureau comme ça, notre lit aussi est en palettes, c’est satisfaisant.

William : C’est vrai, à la base j’avais acheté un bureau neuf, aujourd’hui je regrette. J’ai récupéré quelque chose, je lui donne une 2nde vie et il est même mieux que le neuf. C’est satisfaisant de voir le résultat final.

Deborah Je Me Recycle : Je pense qu’il y a une certaine satisfaction comme tu dis, et il faut avoir de l’envie et de la créativité. Si on se force sans envie, ça n’a pas forcément de sens ou d’intérêt. Mais à la fin on peut être fier de soi et se dire « c’est moi qui l’ai fait ».

Quelle expérience retirer après 5 ans d’activisme ?

« Ce que ça m’a appris pendant ces 5 ans d’activisme sur la consommation, c’est que je ne m’arrêterai pas »

Mélissandre :  Pour enchaîner, après ton compte Instagram, ton changement de vie perso et professionnel avec Linverse, 4 ou 5 ans plus tard, qu’est-ce que ça a changé pour toi, qu’est-ce que ça t’a apporté de créer ces projets et d’être dans cette démarche ?

Deborah Je Me Recycle : Je pense qu’il n’y a rien de plus enrichissant que de se sentir acteurs du monde dans lequel on vit. C’est ça que j’essaie de faire : redonner du sens à tout ça tout simplement. Redonner du sens à ma façon de vivre et à ma façon de travailler. Ma transition ne s’est jamais arrêtée. Aujourd’hui je me pose la question si mes projets entrepreneuriaux vont fonctionner ou pas, peut être qu’un jour il faudra que je recherche un travail comme tout le monde.

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Je pense que j’aurais beaucoup de mal à aller travailler pour une entreprise qui ne me correspond pas en termes de valeur. Pour autant, il faut aussi que je vive et que je paie mes factures. Si je dois le faire quelques temps pour après me relancer dans mes projets d’entrepreneuriat, pourquoi pas.

Ce que ça m’a appris pendant ces 5 ans d’activisme sur la consommation, c’est que je ne m’arrêterai pas. Je n’arrêterai jamais, je continuerai à m’améliorer parce qu’encore une fois, ce n’est jamais parfait. Il y a toujours des trucs qu’on fait mieux, des trucs qu’on peut faire mieux, des trucs qu’on faisait mieux avant et qu’on fait moins etc.  Je pense que je continuerai à être exigeante envers moi-même, mais je serai aussi exigeante envers les partenaires avec qui je travaille.

Ça m’a apporté une mentalité, et en entrepreneuriat c’est hyper important de croire à fond à ses convictions. Je ne lâcherai pas.

L’entreprenariat, un moteur pour agir

Mélissandre : Ce moteur-là, pour le mettre en pratique, c’est quoi tes ambitions pour Linverse et tes autres projets ?

Deborah Je Me Recycle : Beaucoup de travail, ça c’est sûr car on n’a rien sans rien. J’ai une chance aujourd’hui, c’est que je mène ces projets avec passion. Me lever le matin en sachant pourquoi je fais ça, c’est vraiment le moteur. J’ai toujours envie de plus et j’ai toujours aussi de nouvelles idées pour avancer. L’entrepreneuriat ce n’est quand même pas évident, c’est un peu les montagnes russes. Je ne m’étais jamais vue entreprendre, c’est ce que je trouve beau dans la situation où je suis aujourd’hui. Je pensais que j’allais trouver un travail, j’avais de grandes ambitions pour des grandes marques de cosmétiques, pour te dire si on évolue. Maintenant il est hors de question que je mette les pieds dans ce genre d’enseigne. Je pensais que j’allais rentrer dans une entreprise, y travailler pour un temps et puis terminer ma vie.

Aujourd’hui je me rends compte que j’ai juste envie de faire les choses par moi-même et de prendre en main tout ça. On s’en fait une montagne comme la transition écologique, mais finalement en faisant les bons choix, en se posant les bonnes questions, en mettant en place certaines routines ou certains réflexes, on peut maîtriser des choses. On se rend compte que si on veut maîtriser des choses, c’est juste qu’il faut parfois accepter de se remettre en question.

Mélissandre : Accepter de se remettre en question, c’est accepter de remettre en question la façon dont on a vécu et grandi jusqu’à maintenant. Ce n’est pas évident de sortir de ses préjugés, et juste d’essayer de faire les choses pour soi. Des fois il y a des grosses dissonances, ce n’est pas toujours facile de continuer entre ce qu’on voudrait faire, ce qu’on fait et ce qu’on nous dit de faire.

L’importance de rester bienveillant avec soi-même

Deborah Je Me Recycle : On a envie mais être exigeant avec soi mais on a tous qu’une vie et la vie est très difficile déjà. Il y a une pression qui est nécessaire, mais qui ne doit pas non plus être maladive. Il ne faut pas oublier de vivre notre vie. La vivre en accord avec ses valeurs est essentiel, mais il faut aussi se détacher parfois un petit peu de tout ça, pour prendre un peu de recul et se dire que ce n’est pas si grave. C’est important de prendre du recul pour continuer de faire les choses avec plaisir.

William : Je pense que cette période de ta vie en train d’entreprendre, avec ces années cumulées d’expériences, ça donne aussi un sens et un but à sa vie. Un but qui est plus grand que nous. Je fais quelque chose de plus grand que moi, j’ai un impact et je sais que je vais peut-être toucher beaucoup de personnes. Avec l’effet boule de neige, ça va se répéter sur d’autres personnes, donc ça va avoir des répercussions positives et c’est un cercle vertueux.

On peut se dire que c’est juste un compte Instagram, mais au final qui débouche sur 2 grands projets.

Deborah Je Me Recycle : Complètement, ça me parle beaucoup ce que tu dis. Je reçois beaucoup ce message, de personnes qui ont beaucoup de mal à se sentir bien parfois dans leur foyer parce que tout le monde ne partage cette volonté d’améliorer la façon de consommer. C’est très souvent perçu, avant de se lancer dedans, comme une contrainte et l’écologie souffre encore d’une image un peu bobo. Ce n’est pas facile du coup, il faut beaucoup de courage pour assumer ce mode de vie, parce qu’on se prend constamment des remarques.

Mélissandre : Ça c’est sûr ! Par rapport à notre famille, on le ressent beaucoup. Autant certains sont très compréhensifs, autant il y en a qui ne comprennent pas du tout. C’est limite à la réunion de famille en disant que tu es écolo, tu annonces que tu fais partie d’une secte.

Deborah Je Me Recycle : Je peux comprendre que dans certains pays les gens se sentent trop mis sous pression avec des idées contraires pour réussir à faire quelque chose de productif derrière. Mais ici, ce que j’ai envie de faire passer comme message, c’est de prendre du recul par rapport à ces remarques là et de faire les choses pour soi.

Il n’y a rien de plus puissant que quelqu’un qui est tellement convaincu par ce qu’il fait, qui le fait tellement bien que finalement, avec l’effet boule de neige ça finit par inspirer d’autres personnes.

Je vois aujourd’hui certains de mes proches viennent me voir pour me demander des conseils. Déjà ça les intéresse, puis ils font l’effort de venir vers moi pour engager la discussion. Alors que ce n’était pas forcément une personne à la base très sensibilisée. Donc faisons les choses d’abord pour nous et ça va forcément finir par inspirer ou par montrer l’exemple.

Parce que ces convictions-là, on ne va plus avoir le choix à un moment donné. Le dérèglement climatique commence à se faire sentir, c’est une réalité. On est en train de crouler sous les déchets, c’est une réalité. De plus en plus de choses vont être compliquées. On va devoir réapprendre à vivre ensemble, donc aujourd’hui si on peut planter des graines et donner envie aux gens, je pense que ce sera pas mal.

L’écolo imparfaite derrière Je Me Recycle

William : Pour le mot de la fin, on a 2 petites questions.  Est-ce que tu as des anecdotes marrantes à nous raconter sur le sujet de Linverse ou de Je Me Recycle ou même de ton parcours écolo ?

Deborah Je Me Recycle : Là je n’ai rien qui me vient en tête. Ça arrive souvent, il y a toujours des choses qui ne se passent pas comme on le voudrait. Finalement c’est aussi cette capacité de pouvoir rebondir et de faire les choses autrement qui est intéressante.

William : Pour finir, est-ce que tu aurais un geste pas du tout écolo que tu continues à faire ? Peux-tu nous partager l’écolo imparfaite qui es en toi ?

Deborah Je Me Recycle : Bien sûr ! Il y en a plein ! J’ai envie de dire c’est ça aussi qu’il ne faut pas oublier et prendre en compte, c’est qu’on a des modes de vie qui sont très complexes et très riches. Donc, je suis loin d’être parfaite et sur plein de choses. Il y a quelque chose que je n’arrive pas à changer, c’est le dentifrice. J’ai testé plein de dentifrices zéro déchet pour essayer d’améliorer ça, mais j’ai beaucoup mal à sortir des dentifrices chimiques. Moi j’ai besoin que ça sente le chimique, que ça soit frais pendant 12h etc. C’est assez compliqué pour moi de changer, même si je me suis renseignée auprès de différentes marques.

Aujourd’hui je suis plutôt fière dans le sens où j’ai fait une espèce de transition. Je fais moitié moitié ! Le matin je fais le dentifrice zéro déchet, le soir il me faut mon dentifrice chimique. C’est une anecdote qui me fait un peu rire, la terre ne va pas s’écrouler si je continue à utiliser des dentifrices en tube. Je me dis que je fais ce que je peux et ce que je suis capable de faire.

Mélissandre : Surtout quand on parle de dentifrice, c’est quelque chose du quotidien à remettre dans la balance avec tout le reste. Il faut se lâcher un peu la grappe sur ce genre de choses.

Deborah Je Me Recycle : Il y a un chiffre sur les écogestes, si tous des français étaient des écolos parfaits, ça ne compterait que pour 25% de l’empreinte écologique. Ce chiffre permet de prendre un peu de recul pour comprendre que l’action nécessaire doit être globale, pas seulement individuelle. C’est aussi aux entreprises, notamment de dentifrice de proposer des choses différentes et adaptées.

Le mot de la fin

Mélissandre : Merci pour ce partage, est-ce que pour terminer tu aurais un mot à rajouter ?

Deborah Je Me Recycle : Le mot avec lequel j’adore conclure, s’il y a quelque chose à retenir de ce que j’ai envie de véhiculer comme message c’est d’être curieux. Ne jamais cesser d’être curieux parce qu’il n’y a rien de pire que de rester sur des prérequis ou des préjugés qu’on peut avoir. Cette capacité à constamment se remettre en question, que ce soit nous ou le monde dans lequel on vit. Rester curieux et aussi exigeant par rapport aux réponses que l’on nous donne.

Mélissandre : Parfait, nous sommes nous-mêmes curieux et on apprend tous les jours grâce à ça. Deborah à retrouver sur son compte Instagram Je Me Recycle, son blog du même nom et puis la plateforme d’upcycling Linverse. Merci beaucoup d’avoir accepté cette interview et puis peut être à une prochaine !

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