exemples low tech
Habitation et énergie

5 exemples low tech pour faire des économies et réduire son empreinte carbone

Pour nombre d’entre nous, la montée vertigineuse des prix de l’énergie est une source d’inquiétude. Et cette augmentation n’est pas qu’un épisode passager. On vit bien un phénomène de contraction énergétique due à l’épuisement des ressources fossiles, aux contraintes réglementaires et à l’augmentation de la demande. À mesure que la part de l’électricité, du gaz ou encore de l’essence pèse de plus en plus sur notre budget, il est légitime de se demander : « Comment puis-je faire pour réduire ma facture d’énergie (sans pour autant prendre des douches froides ou chauffer mon logement à 15 °C) ? ».
On entend souvent dire que pour rénover son logement ou changer sa chaudière, il faut être propriétaire et avoir les moyens d’investir dès le début afin de faire des économies sur la durée. Tout cela est vrai. Et, dans le même temps, plusieurs exemples low tech nous montrent qu’il est possible de réconcilier conviction écologique et petit budget. 

Vous aimeriez savoir comment produire de l’eau chaude sanitaire avec un chauffe-eau solaire ? Comment cuire vos aliments dans un four solaire ? Ou encore comment diviser par 2 la taille de votre frigo ? Dans cet article, je vous présente la manière avec laquelle la low tech et ses innovations simples et astucieuses vont probablement transformer nos maisons dans les années à venir.

Cet article est écrit par Émilie Lechevalier du blog Vivre Low-Tech. Elle anime la chaîne YouTube et le blog Vivre Low-Tech où elle partage ses expérimentations en matière de décroissance. Elle y explore notamment la question du bonheur dans un monde bas carbone, ou encore comment rendre la sobriété désirable. En parallèle avec ses articles et vidéos, elle propose des accompagnements personnalisés en communication à des associations et entreprises qui veulent faire passer les low-techs à une autre échelle. L’objectif de tout cela ? Permettre à un maximum de personnes de vivre low tech ! 

Qu’est-ce que la low tech ? 

L’idée que la low tech est un rejet de toute technologie est un malentendu courant. En réalité, loin de renoncer à la technologie, la low tech prône une approche plus consciente de son utilisation. Le but étant de pouvoir assurer nos besoins essentiels sans dépasser les limites planétaires

L’origine du mouvement low tech

Dans les années 60-70, une pensée critique des hautes technologies émerge. Des auteurs et penseurs comme E.F. Schumacher, avec son ouvrage Small Is Beautiful, publié en 1973, ont joué un rôle important en plaidant pour des technologies à échelle humaine, efficaces et respectueuses de l’environnement.

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En France, le livre de Philippe Bihouix, L’Âge des low tech : Vers une civilisation techniquement soutenable, publié en 2014, a joué un rôle significatif dans le développement et la structuration du mouvement low tech. 

Grâce à ce livre, Philippe Bihouix a rendu l’idée des low tech plus accessible à un large public. Il y critique la dépendance excessive aux technologies de pointe et aux ressources non renouvelables. Le livre ne se contente pas de critiquer le modèle technologique dominant, mais propose également des alternatives concrètes. Il présente les low tech non seulement comme une nécessité écologique, mais aussi comme une opportunité de repenser notre rapport à la technologie.

livre l'âge des low tech

Le livre de Philippe Bihouix a inspiré de nombreux entrepreneurs et chercheurs, les encourageant à développer des solutions low tech dans divers domaines.

L’Âge des low tech de Philippe Bihouix a donc été un catalyseur important pour le mouvement low tech en France, en fournissant une base théorique solide, en sensibilisant le public et en inspirant l’action concrète vers des solutions technologiques plus durables et équitables.

Quels sont les principes de la low tech ?

Les trois grands principes de la low tech sont généralement les suivants. 

  • L’utilité : répondre aux besoins essentiels, comme l’énergie, l’alimentation, l’accès à l’eau ou la santé.
  • L’accessibilité : les solutions low tech sont conçues pour être simples à fabriquer et à réparer. Cette simplicité vise à rendre les technologies plus accessibles à un plus grand nombre de personnes.
  • La durabilité : les low tech utilisent des matériaux locaux, sont robustes et réparables.  

Ces principes reflètent une approche de la technologie qui est à la fois pragmatique et respectueuse de l’environnement, en mettant l’accent sur la satisfaction des besoins humains de base de manière durable et équitable.

Est-ce qu’il y a des exemples low tech dans notre quotidien ?

exemple low tech cafetière

Prenons l’exemple de la machine à café pour illustrer le concept de low tech.

Dans notre quotidien, une machine à café standard (high-tech) pourrait être un appareil électrique sophistiqué, avec des options numériques, des fonctions programmables, et peut-être même une connexion Wi-Fi. Ce type de machine est souvent coûteux, consomme beaucoup d’énergie, et sa complexité la rend fragile et difficile à réparer.

En contraste, une machine à café low tech serait quelque chose de beaucoup plus simple, comme une cafetière à piston ou une cafetière italienne. Ces exemples low tech n’ont pas d’électronique, sont faciles à utiliser, et durent très longtemps avec un minimum d’entretien. Elles sont aussi souvent moins chères à l’achat.

En utilisant une cafetière low tech, vous allongez la durée de vie de vos objets et vous réduisez votre consommation d’énergie.

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En finir avec l’obsolescence programmée et la surconsommation

déchets électroniques

Avez-vous déjà remarqué comment certains appareils anciens, comme le mixeur de votre grand-mère des années 80, semblent durer éternellement, tandis que les nôtres tombent en panne après seulement quelques années ? 

Notre quête constante de nouveaux équipements pèse lourd, tant sur nos finances que sur les ressources naturelles de notre planète. 

La philosophie qui sous-tend le mouvement low tech est libérateur à deux niveaux : 

  • il permet d’interroger nos besoins pour éviter la surconsommation (et en ce sens, il rejoint le mouvement minimaliste) ;
  • il nous offre la possibilité de reprendre le pouvoir sur nos objets du quotidien puisque les objets low tech sont conçus pour être faciles à fabriquer et à réparer. 

C’est dans cette optique que nous avons décidé d’autoconstruire une tiny house (ou micromaison). Nous voulions fabriquer une maison simple et robuste, avec le moins d’électronique et d’automatisation possible, que nous serions capables de réparer et d’entretenir nous-mêmes. En prime, une tiny house nous permet d’avoir une maison avec de très faibles dépenses énergétiques : 

  • non seulement parce que la maison est petite et donc facile à chauffer ; 
  • également grâce à une grande façade vitrée au sud pour la chauffer par effet de serre ;
  • mais aussi parce que nous avons ajouté un système de chauffe-eau solaire qui nous permet de chauffer l’eau des douches et du plancher chauffant qui complétera le petit poêle à bois. 

La question énergétique est au cœur des low tech

Notre dépendance aux énergies fossiles est le sujet central de la crise climatique. Évidemment la question écologique ne se résume pas à l’empreinte carbone, mais c’est quand même un sujet incontournable. 

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Une démarche low tech repose souvent sur les faits suivants : 

  1. Consommer moins, c’est ce qu’on appelle la sobriété énergétique. Par exemple, on chauffe à 19 °C au lieu de chauffer à 22 °C.  
  2. L’efficacité énergétique, c’est faire mieux avec moins. Par exemple, en mettant un meilleur isolant ou en changeant ses fenêtres si elles sont en simple vitrage. 
  3. Et enfin, en utilisant des sources d’énergie renouvelables et peu carbonées comme le solaire thermique (pour chauffer de l’eau ou pour chauffer l’air de la maison). 

L’exemple low tech des maisons bioclimatiques

Les maisons dites passives ou bioclimatiques sont le parfait exemple de ce principe. Ce sont des maisons qui nécessitent très peu d’énergie pour être chauffées ou refroidies. Cela est possible grâce à :

  • l’inertie thermique rendue possible par les matériaux et types de construction (elles sont capables de stocker la chaleur puis de la diffuser pendant une longue période), 
  • leur mode de chauffage (souvent un poêle de masse qui a un très bon rendement), 
  • leur orientation (souvent une serre ou une façade vitrée au sud et des brise-soleil en été…). 

Tous ces choix ingénieux permettent d’avoir des maisons qui consomment très peu de ressources. Et cela me fait une belle transition vers le point suivant… 

La solution n’est pas technique mais humaine

Un des principes phares des low techs, c’est la prise de conscience qu’une bonne partie de la réponse à la crise écologique est plus humaine que technologique. Je m’explique. 

De nombreux savoir-faire artisanaux sont essentiels pour relocaliser notre production alimentaire : le pain au levain qui se conserve longtemps et ne nécessite pas de pétrin mécanique, la lactofermentation pour conserver les légumes sans congélation, la torréfaction de graines locales pour remplacer les épices ou le café… 

Toutes ces solutions nécessitent de se former et de réapprendre certains savoir-faire ancestraux. Elles nous rappellent que nos habitudes et notre culture jouent un rôle essentiel dans la réduction de notre empreinte écologique. 

5 exemples low tech à adopter pour réduire vos factures d’énergie (et pas seulement)

Le four solaire

exemple four solaire

Utilisez l’énergie du soleil pour cuisiner ! Le solaire est une méthode de cuisson qui ne nécessite ni électricité ni gaz. Il concentre la chaleur du soleil pour cuire des aliments. Il suffit de mettre votre plat dans votre four solaire et de l’oublier…

Il existe de nombreux tutoriels pour construire soi-même son four solaire. Je vous conseille celui-ci.

Une fois que vous avez construit votre four solaire, l’énergie utilisée pour la cuisson est totalement gratuite. Cela peut représenter des économies significatives sur le long terme. 

Le chauffe-eau solaire

exemple chauffe eau solaire

Un chauffe-eau solaire capte l’énergie solaire pour chauffer l’eau de votre maison. Cela peut être l’eau chaude sanitaire (douche, vaisselle, lessive…) mais aussi l’eau chaude qui sert à chauffer vos radiateurs ou planchers chauffants. C’est une solution durable qui peut réduire considérablement vos factures d’électricité ou de gaz. 

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Pour notre installation, nous avons décidé d’utiliser la solution de Sunberry qui propose des kits pour fabriquer soi-même son chauffe-eau solaire. C’est une solution qui nous permet de faire beaucoup d’économies et d’être complètement autonomes sur l’installation et la réparation.

La marmite norvégienne

Après avoir porté de l’eau à ébullition, placez ce que vous souhaitez cuire dans l’eau et mettez le tout dans une marmite norvégienne. C’est une sorte de caisson isolant, qui continue la cuisson sans source de chaleur supplémentaire. Cela permet d’économiser de l’énergie tout en cuisinant efficacement. C’est très pratique pour cuire des légumineuses !

La marmite norvégienne est un accessoire essentiel pour maximiser l’efficacité énergétique dans la préparation des repas. 

Swann Périssé dans sa série Vert Chez Vous a fait un très bon tutoriel de construction de marmite norvégienne. 

Le garde-manger

Le réfrigérateur est devenu la pièce maîtresse de nos cuisines. Pourtant, nos fruits et légumes, ainsi que les œufs, n’ont pas besoin d’y être conservés. En réalité, un garde-manger (et quelques règles sur comment l’organiser) permet de réduire de moitié la taille de son frigo. 

Pendant notre première année de vie en van, nous avons fait l’expérience de vivre sans réfrigérateur. La deuxième année, nous avons opté pour un modèle très petit. Cette période de deux ans nous a offert l’opportunité d’explorer et de pratiquer différentes méthodes de conservation des aliments sans frigo.

Opter pour un petit réfrigérateur, ou même aucun, offre plusieurs avantages notables. Cela inclut une consommation électrique réduite, mais aussi la possibilité de faire des économies au moment de l’achat. 

Il est donc temps de laisser le garde-manger faire son grand retour dans nos cuisines. 

Pour que cela fonctionne, il est crucial de garder séparés les aliments qui émettent de l’éthylène de ceux qui n’en dégagent pas, afin de prévenir une maturation prématurée de vos légumes. De plus, assurer une bonne circulation d’air est essentiel, tout comme inspecter régulièrement vos produits pour détecter toute détérioration. Vous pouvez retrouver sur mon site cet article détaillé Conserver les aliments sans frigo : 5 techniques traditionnelles à découvrir si vous voulez réduire la taille de votre frigo. 

Le séchoir solaire

exemple séchoir solaire

Le séchoir solaire est une méthode écologique pour conserver les fruits, légumes et herbes. En utilisant la chaleur naturelle du soleil, il permet de sécher les aliments pour une conservation longue durée, sans consommation d’électricité.

Ce processus permet d’éliminer l’humidité des produits, ce qui évite le développement de moisissures.

Le séchoir solaire vous permet de conserver plus longtemps des tomates, poivrons, champignons, aubergines, pommes… Réhydratez-les ensuite pour en faire une sauce ou mangez-les séchés. 

Que vous ayez un potager ou que vous achetiez à un producteur local, le séchoir solaire est un bon moyen de faire des stocks au moment où les fruits et légumes sont au meilleur prix. 

Ce que ces 5 exemples low tech nous rappellent d’important

Ces exemples low tech démontrent qu’il est possible de concilier un budget limité avec un mode de vie respectueux de l’environnement. Ils nous rappellent que les réponses aux enjeux énergétiques et écologiques ne résident pas toujours dans des technologies complexes et coûteuses, mais souvent dans des solutions ingénieuses et accessibles.

En adoptant ces pratiques, non seulement nous réduisons notre dépendance aux énergies fossiles et notre impact environnemental, mais nous gagnons en résilience face à la crise énergétique qui vient. Ces méthodes, héritées de savoirs ancestraux et adaptées à notre époque, nous offrent une voie vers un avenir plus désirable.

Loin d’être un retour à la bougie, la low tech est un pas en avant vers une consommation plus consciente et respectueuse du vivant. Elle nous invite à repenser notre rapport à la technologie, à questionner nos besoins, à valoriser la simplicité et à redécouvrir l’ingéniosité humaine.

Si vous voulez découvrir d’autres objets low tech, suivez Notre défi : 1 année pour intégrer 12 habitudes ou objets low tech à notre quotidien

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