sylvie droulans sur scène
Portraits d'Écolos Imparfaits

Sylvie Droulans, l’experte zéro déchet à la cape triomphante !

C’est en 2015 que Sylvie Droulans et sa petite tribu se lancent dans la grande aventure du zéro déchet à travers notamment Zéro Carabistouille. Une aventure magique qui les mènera bien plus loin que leur bocal de 2L d’ordures, presque bisannuel, à 4 et avec 2 poilus. Blogueuse, conférencière, coach, auteure et aujourd’hui comédienne, le zéro déchet a vraiment changé la vie de Sylvie ! Comment Sylvie est-elle devenue une experte reconnue du zéro déchet ? Comment en est-elle venue à créer son Académie zéro déchet ? Et surtout c’est quoi cette histoire de spectacle qui descend les poubelles ? Réponses dans ce nouveau portrait d’Écolos Imparfaits !

Pour retrouver Sylvie :

On parle de quoi ici ?

Qui se cache derrière Zéro Carabistouille ?

Sylvie zéro carabistouille
Sylvie est blogueuse sur Zéro Carabistouille, auteure, coach, conférencière et aussi comédienne, tout autour du zéro déchet ! Crédit Photo: Marie-Hélène Tercafs

Sylvie, l’éco-héros aux multiples capes !

Mélissandre : Alors j’ai le plaisir d’accueillir au micro des Écolos Imparfait, Sylvie ! Sylvie, qui est en fait la personne qui se cache derrière le blog de Zéro Carabistouille mais bien plus. Bonjour Sylvie, est-ce que tu pourrais te présenter en quelques mots ?

Sylvie Droulans : Bonjour, moi c’est Sylvie ! Je suis la maman d’une famille qu’on appelle effectivement Zéro carabistouille, parce qu’il y a plus de 6 ans donc, en 2015 on a décidé de se lancer dans l’aventure de zéro déchet. On y est toujours et on est même de plus en plus loin.

Puis, aujourd’hui le zéro déchet, a vraiment pleinement pris ma vie tant personnelle que professionnelle puisque je suis à temps plein dans ce projet. Il y a plein de petits bébés qui sont nés de cette histoire de Zéro carabistouille on va dire. J’écris des livres, je fais des conférences, il y a un spectacle, il y a également une académie zéro déchet en ligne. Et puis, je viens tout récemment de créer une association à destination des professionnels du zéro déchet. C’est aussi se dire qu’on va dans tous les axes d’action au niveau du zéro déchet. Parce que le zéro déchet, il faut toucher tant les citoyens, que les politiques, que les entreprises.

Mélissandre : C’est vrai que là tu es multi casquettes !

Sylvie Droulans : Oui, il y a une cohérence quand même, enfin un chemin de cohérence. Mais c’est vrai, qu’il y a beaucoup à faire !

« Zéro Carabistouille », Késaco ???

Mélissandre : Du coup, tu me dis, qu’il y a 6 ans avant tous ces projets est né ton blog Zéro Carabistouille. Alors, la question plutôt personnelle : pourquoi le nom « Zéro carabistouille » ?

Sylvie Droulans : Déjà nous sommes une famille Belge, donc on aime bien les noms un peu rigolos, un peu hors des sentiers battus. En fait « dire des carabistouilles » c’est dire des bêtises. Et justement, on voulait dire : nous on raconte aucune bêtise, on va vous partager sans filtre notre vie zéro déchet au travers du blog et on va parler de tout ça. Le « zéro » vient évidemment pour le zéro déchet, le « carabistouille » par le fait qu’on partage plein de choses. Au début mon mari n’était pas très convaincu de ce nom. C’est vrai que quand je vais dans un magasin ou des trucs comme ça, que je mentionne mon nom, les gens rigolent toujours s’ils ne connaissent pas le contexte !

Sinon il y a ce côté très rond, surtout sans prise de tête. Ça c’est vraiment notre manière de fonctionner, c’est de se dire que le zéro déchet c’est une démarche où l’on n’a pas besoin de se la péter pour autant. C’est quelque chose que l’on fait avec cœur, avec aussi toutes les difficultés qu’on peut vivre, mais autant les prendre avec humour et ça passe d’autant mieux.

Mélissandre : On ne peut qu’adhérer totalement à ce point de vue, parce que c’est vrai que les écolos imparfaits, c’est ce qu’on a pris comme position. Déjà, en moralisant tout le monde, on n’arrivera à rien faire et personne n’est parfait. J’aime bien du coup l’explication de Zéro Carabistouille, je trouve ça assez sympa !

Comment le zéro déchet a commencé pour Sylvie Droulans

« J’ai découvert un article sur Béa Johnson »

Mélissandre : Si on revient 6 ans en arrière, le début de Zéro Carabistouille, quel a été l’évènement déclencheur pour toi et ta famille pour se dire « on va faire partir d’une démarche zéro déchet » ?

Sylvie Droulans : C’est vraiment la prise de conscience de nos déchets. Nous étions déjà une famille engagée au niveau écologique : on mangeait bio, on achetait en circuit court, on veillait à utiliser du lavable pour nos enfants, on utilise les modes de transport doux comme le vélo et des choses comme ça. C’est vrai que tout ça est arrivé avec l’arrivée de notre premier enfant. On s’est posé énormément de questions à l’époque, et aujourd’hui notre première fille a 15 ans. Donc ça fait déjà longtemps !

Il y a eu un moment, où moi j’ai découvert un article sur Béa Johnson qui est quand même la personne qui a lancé vraiment le mouvement mondial du zéro déchet. L’article mettait en avant qu’ils ne produisaient plus qu’un bocal d’1 litre de déchets pour leur famille de 4. Et ça m’a parlé dans 2 sens. C’est-à-dire, que déjà je me disais « mais comment est-ce qu’on peut à l’heure d’aujourd’hui, ne plus produire qu’un bocal d’un litre de déchets ? », c’est interpellant.

Puis, je me disais que c’était un modèle comme le nôtre : ils étaient 2 parents et 2 enfants. Je me suis dit que si eux y arrivaient, nous aussi on pourrait y arriver. J’ai été voir Béa Johnson en conférence, et là elle a vraiment mis le doigt sur plein de préjugés que je m’étais créés dans cette image zéro déchet : « mais c’est pas pour nous », « ça va être compliqué », « j’aurais pas le temps »,  «il faut s’isoler dans un monde à part »…

« Je suis une personne qui aime bien les challenges ! »

Sylvie Droulans : Elle m’a fait prendre conscience que c’était très actuel comme démarche et qu’on pouvait garder une vie tout à fait actuelle mais en remettant simplement en question un ensemble de choses. Alors, c’est vrai qu’après le chemin qu’on a fait, on a notre manière d’aborder de zéro déchet qui est plus du tout la même par rapport à Béa Johnson. On est vraiment très focalisé sur l’aspect du local et de l’engagement derrière une démarche comme ça. En fait, derrière ça ouvre plein d’autres questions. Nous on travaille sur cette thématique-là.  Pour revenir à la question, c’est ça qui a été vraiment le moment déclencheur.

Après cette conférence, on a dit « on se lance ! ». Alors c’est moi qui ai dit à mon mari « on se lance » ! Il aime bien jouer, il m’a dit « bon on y va et puis on voit ». Je suis une personne qui aime bien les challenges, donc je me suis dit qu’on allait voir ce que ça donnait. C’est vrai que je suis vite allée à fond tout de suite et donc on a voulu partager ça rapidement sur le blog.

Après, pourquoi un blog ? On s’est rendu compte qu’il n’y avait pas beaucoup d’informations à ce niveau-là en 2015, ou alors c’était axé Béa Johnson qui habite aux États-Unis. Il y avait un peu en France. Comme j’ai étudié la communication, je me suis dit que j’allais partager via un blog. Je pensais que j’allais avoir juste des amis qui allaient me suivre, et vite une communauté s’est développée autour.

Mélissandre : C’est assez fou au final c’est vrai, encore aujourd’hui on a déjà beaucoup de préjugés, alors j’imagine qu’en 2015 vous deviez passer pour des OVNIs ?

Sylvie Droulans : Totalement, il fallait tenir bon !

Mais Sylvie, ça veut dire quoi « zéro déchet » ?

Consommer responsable avec le zéro déchet

« Le zéro déchet c’est un chemin en soi, c’est une direction »

Mélissandre : Tenir bon pour ne pas se décourager et surtout ne pas se faire influencer et arrêter.

Peut-être que dans ceux qui vont nous écouter, il y en a qui ne connaissent pas le zéro déchet. Est-ce que toi tu pourrais donner ta définition de ce qu’est le zéro déchet pour quelqu’un qui débarque dans cette sphère un petit peu bizarre ?

Sylvie Droulans : Alors le terme zéro déchet peut en effrayer plus d’un, parce que souvent on dit « zéro déchet, mais comment je fais ? ». Surtout si on focalise sur ce qu’on fait au quotidien, les gens vont se rendre compte de la quantité de déchets qu’il y a, comme nous on le faisait avant 2015.

Il faut savoir que le zéro déchet, c’est un chemin en soi, c’est une direction. Atteindre le zéro déchet, même moi qui suis très très loin, on a encore quelques déchets. On n’arrivera jamais au zéro. Effectivement, on entre dans un chemin et l’idée c’est de remettre en question son modèle de consommation, sa manière de vivre et ses habitudes quotidiennes pour justement limiter au maximum la production de déchets. Tant ceux que l’on voit et qui sont dans nos poubelles, que ceux en amont.

En n’achetant pas certaines choses, on évite la production de produits qui eux sont néfastes par rapport à la production parce qu’ils vont demander de l’énergie,  du pétrole, du transport et du CO2 etc… Ce sont des déchets qui sont aussi liés à toute notre consommation. En travaillant sur tout ça, on peut atteindre un objectif qui est plus doux et qui va vers cette fameuse tendance zéro déchets.

« Le zéro déchet nous rappelle notre connexion au vivant »

Sylvie Droulans : En ayant vécu plus de 6 ans dans cette démarche, je me rends compte aujourd’hui que ça m’a vraiment ouvert les yeux sur plein de choses. Le zéro déchet nous rappelle aussi notre connexion au vivant, le fait qu’on a une existence sur Terre, mais qui n’est pas supérieure à tout et qui est justement en connexion directe avec elle. Si on est d’autant plus en lien avec cette connexion, les questions liées à nos habitudes et les questions liées à notre choix de consommation sont d’autant plus simples. Derrière, il y aura toujours cet intérêt de se dire « Ah mais comment est-ce que la planète va subir cet impact que je peux créer ? ».

J’aime amener cette touche, encore plus loin. C’est pour ça que je dis, que nous allons vraiment vers cet aspect engagé, et ça se crée par le fait qu’on avance pas à pas dans notre démarche. Tous les gens que j’accompagne dans cette démarche, ils tendent vers ça aussi.

Mélissandre :  C’est très intéressant ce que tu dis, parce que nous, avant de se lancer on avait déjà cet attachement à la nature sans être engagé. On s’est rendu compte en se mettant à fond dans le zéro déchet et dans une consommation raisonnée et responsable, qu’on avait oublié à quel point on était amoureux de la nature et à quel point on avait besoin de cette connexion. Aujourd’hui, d’être beaucoup plus conscients de ce qu’on fait, de nos actes et des conséquences qu’ils impliquent, on se sent aussi mieux. On a vraiment un bien-être dans les actions qu’on mène et dans ce mode de vie.

Comme tu le dis, il faut y aller pas à pas, parce qu’on ne change pas tout du jour au lendemain. Où est-ce que vous en êtes dans votre zéro déchet, est-ce que vous êtes au niveau du bocal de Béa Johnson ou pas encore ?

Un bocal de 2L de déchets pour 20 mois, à 4 personnes avec un chien et un chat !

Sylvie Droulans : Nous, on est loin ! Effectivement, on a un bocal de 2 L pour 20 mois et pour 4 personnes, avec un chien et un chat.

J’aime bien préciser quand même, qu’il y a encore quelques déchets recyclables et qui sont limités de toute façon le plus bas possible. On a encore des cartons et quelques PMC (emballages plastique, métallique et carton). Par exemple on a des briques de lait qui existent mais qu’on limite au maximum au travers d’autres pratiques.  On fait nous-mêmes notre lait végétal, et on a aussi du lait frais en bouteille consignée mais ça a une durée de vie limitée. J’ai des grands consommateurs de lait à la maison ! Comme je fais régulièrement du lait végétal, c’est quelque chose qui diminue un peu maintenant.

C’est ça qui est intéressant, il faut le faire en se respectant aussi. Parce que je pense que tous les modes de vie sont différents et les réalités de vie sont différentes. Il faut accepter que parfois, on est dans des situations un peu hybrides, où on va passer par des transitions qui sont ne pas parfaites au départ mais on sait qu’elles sont temporaires. L’important est de trouver des solutions plus vertueuses, et il faut faire parfois des choix.

J’avais une réunion avec mes éco-héros que j’accompagne dans mon académie, et il y en avait un qui me disait avoir commandé auprès d’un système de panier livré à domicile. Ce n’est sans doute pas le plus vertueux, donc il était embêté parce qu’il me disait avoir pas mal de déchets dans ce panier. Il m’a dit qu’il l’avait pris pour apprendre à cuisiner. On a beaucoup travaillé lui et moi, sur cette question là,  qu’il prenne plaisir à cuisiner des légumes, et il n’a jamais été accompagné dessus. Donc il fait cette super étape, mais par contre il est frustré parce qu’il a des déchets. Parfois c’est une phase transitoire. Alors, OK tu aurais pu prendre d’autres paniers, mais si tu as fait ce choix-là, c’est que c’est sans doute celui qui te correspondait le mieux à ce moment-là. Tout ça a fait du sens à ce moment-là !

Un peu plus de déchets maintenant, mais pour petit à petit aller vers autre chose.

3 conseils de Sylvie Droulans pour se lancer dans le zéro déchet

Mélissandre : C’est sûr que c’est tout un processus à mettre en place ! On va revenir juste après sur ton académie zéro déchet. Avec ton expérience, quelqu’un qui voudrait débuter et qui part de zéro, qui n’a vraiment aucune connaissance en la matière, quels seraient tes deux ou trois premiers conseils pour qu’il puisse se lancer ?

Commencer par ce dont on se sent capable et qui est faisable

sylvie droulans
Crédit photo: Marie-Hélène Tercafs

Sylvie Droulans :  Je pense que la première chose, c’est de surtout éviter de lui dire « tu dois faire comme ça ou comme ça ». Ça va dépendre de chacun, donc quand j’accompagne vraiment individuellement on peut creuser ce qui est possible ou pas. Par contre, c’est se dire « tiens si je devais faire une première action quelle serait celle qui me permettrait de me sentir capable de le faire ? ».

Par exemple, si on se dit, je vais aller faire mes courses en vrac et qu’il n’y a pas de magasin de vrac tout près et qu’il faut prendre sa voiture plusieurs kilomètres, on sait que ça va être compliqué dans l’organisation familiale. Il y a de fortes chances qu’on rate et que ça ne marche pas tout de suite. A ce moment-là, peut être que ce n’est pas les courses en vrac mais ce sera peut-être faire tes produits d’entretien toi-même ou de cuisiner les fans de légumes. La première chose, c’est de trouver quelque chose d’accessible avec une quasi-certitude de réussite. Comme ça, quand on réussit un premier acte, on a envie souvent de faire un 2e acte, puis un 3e et donc on avance.

C’est indéniable dans la vie, de manière générale, il y a des ratés. Mais si on peut commencer par une première action, qui permet de dire « Ah ce n’était pas si compliqué et j’ai pu arriver à le faire ! » c’est bien.

Regarder dans sa poubelle

Sylvie Droulans : Sinon l’autre solution, c’est effectivement de prendre le temps. J’aime bien dire, regarder déjà dans sa poubelle et la poubelle nous donne des indications vraiment essentielles sur notre comportement. Ça va être le moment de se dire : « Ah mais tiens j’ai plein de boites de plastique de viande préemballée ou de fromage ou de charcuterie ! », qu’est-ce que je peux faire d’autre ? Ce que je peux faire d’autre, ce serait d’aller chez mon boucher avec mes propres boîtes. Ce serait peut-être de diminuer la quantité de viande que j’achète. Ça peut être d’aller en direct à la ferme. C’est plein de manières de pouvoir trouver des solutions, et dans sa poubelle ça donne des indications.

Accepter d’être continuellement en résilience : « parfois on a des reculs ou des avancées et ça fait partie du jeu ! « 

Sylvie Droulans :Puis peut être le 3e conseil, ce serait de justement accepter qu’on soit continuellement en résilience. On démarre avec une situation X, qui va évoluer avec le temps. Il faut accepter que parfois on a des blocages, parfois on a des reculs ou des avancées et ça fait partie du jeu.

Pour l’exemple du lait, nous au tout début de notre démarche, il n’y avait pas de consigne avec des bouteilles en verre. On a accepté de se dire que ce déchet allait perdurer pendant un certain temps. On mettait à la poubelle, puis on a eu cette solution de les consigner et entre temps j’ai découvert que je pouvais faire facilement moi-même mon lait végétal. Ce sont de toutes petites choses où on avance au fur et à mesure.

Je pense que ces 3 conseils permettent quand même de s’ouvrir avec bienveillance à cette démarche.

Mélissandre : Juste pour compléter, je pense aussi qu’il faut commencer par des choses qui nous plaisent. Parce que si on essaie de se mettre des gros objectifs sur des choses où on n’a pas très envie tout de suite, ça va être beaucoup plus dur. On va faire des retours en arrière. Maintenant, quand on nous demande des conseils, on nous demande souvent une liste de choses qu’il faut faire absolument. Je réponds que je ne peux pas. Je peux donner des exemples et des pistes mais ce qui me convient à moi ne convient pas à tout le monde. Si j’adore faire mes produits moi-même et que le compostage est ma passion, ce n’est peut-être pas le cas de tout le monde et la personne peut même détester ça !

Sylvie Droulans : Il y a plein de choses intéressantes. C’est vrai qu’il y’a des trucs où on ne veut pas se lancer, et ça, c’est souvent lié aux préjugés ou à la peur qu’on peut avoir. Quand on le fait on se rend compte, qu’effectivement ce n’était pas si compliqué ou que ça ne faisait pas si peur. Mais tu as raison, il y a des actions, qui de toute façon ne démarreront pas au début.

Nous on avait la même chose avec le papier toilette. Par exemple, on a trouvé des alternatives qui étaient plutôt d’acheter le papier toilette en caisse plutôt que d’avoir des emballages plastiques. C’était la toute première solution, et c’est assez tardivement qu’on est passé au papier toilette lavable. Et encore, tout le monde dans la famille n’utilise pas le papier toilette lavable. On accepte, ça c’est une question de confort.

Mélissandre :  On a écrit un article là-dessus tout récemment, et c’est vrai qu’il y des gens qui nous ont dit : « mais ce n’est pas possible, c’est dégoûtant ! ». On leur a dit « vous verrez comment votre chemin du zéro déchet se fera, mais vous y viendrez aussi ».

Sylvie Droulans : Oui, on le fait avec les enfants quand ils ont des langes lavables ou même des serviettes hygiéniques lavables. On se dit que parce que c’est à nous, ce serait pire. Il y a quand même des mécanismes ancrés. On peut aussi faire avec de l’eau ! En l’occurrence, lors d’un voyage initiatique en Indonésie, il n’y avait pas de papier de toilette, c’était de l’eau ! Quand on arrive, on se demande comment on va faire mais ça se fait très bien et on se sent beaucoup plus propre même. Et puis, c’est surtout que le papier toilette c’est une vraie problématique. Il y a des conséquences environnementales derrière. On a introduit des choses dans notre culture qui parfois sont très particulières et qui se reflètent dans nos comportements.

Mélissandre : En effet, il y a beaucoup de choses qui sont strictement culturelles et qui n’ont pas de sens ou sont des aberrations sur plein de plans.

De conférencière à comédienne, la naissance d’un spectacle zéro déchet

La revanche du Lombric ou le spectacle qui descend les poubelles !

Mélissandre : Pour revenir à l’interview, tu es blogueuse, conférencière, auteure ( parce que tu es auteure de 2 livres et un 3e est en cours ), et tu as fondé l’académie zéro déchet. Tu es aussi comédienne maintenant, en quoi c’est différent de conférencière ?

Sylvie Droulans : Ce sont 2 choses différentes. Conférencière, je suis vraiment dans un modèle de conférences. Effectivement, j’ai créé un spectacle. C’est vraiment un spectacle, c’est à dire je suis comédienne alors que je n’ai pas du tout de compétences ou de formation là-dedans. Alors, peut-être que j’avais quelques compétences, puisque j’ai quand même pu monter sur scène. Je pense que c’est sans doute par mon métier de conférencière qui fait que je n’ai pas eu de crainte à monter sur une scène. Mais j’ai dû apprendre tout un métier, le fait d’apprendre un texte, le fait de jouer une comédie etc.

C’est vraiment une histoire, qu’on fait vivre au spectateur qui vient voir le spectacle qui s’appelle « La revanche du lombric, le premier spectacle qui descend les poubelles ». C’est l’intérêt de ce petit sous-titre décalé, parce que le spectacle c’est basé sur notre histoire de vie. Mais sous un angle décalé, humoristique, sans prise de tête et très chouette. L’idée est de passer un bon moment pour se poser des questions, ouvrir des portes et puis après inviter les gens à aller plus loin évidemment dans leur démarche.

Mélissandre : Tu as un petit peu expliqué le message que tu voulais transmettre à travers ce spectacle mais j’ai quand même la question de la genèse. Comment es-tu venue avec une idée de spectacle humoristique zéro déchet, qui soit aussi pédagogique ? Je suis tombée sur ton spectacle car je suivais ton blog et aussi grâce à la campagne de crowdfunding Kiss Kiss Bank Bank. A ce moment-là je me suis dit que c’était absolument génial et que c’était bien la première fois que je voyais naître un projet comme ça !

Un spectacle pédagogique et humoristique pour les grands et les petits

Sylvie Droulans :Je pense que c’est sorti du fait que j’ai quand même fait beaucoup de conférences depuis 2015. A un moment donné, je me rendais compte que les gens qui viennent aux conférences, sont des gens qui ont déjà eu une sorte de déclic.  Pour moi, on est déjà avec des gens un peu avertis dans la thématique zéro déchet.

Le spectacle, vient un peu en amont en disant « vous ne connaissez pas du tout ce monde ou peut être que vous avez plein de préjugés vous n’avez pas trop envie d’en parler et ce n’est pas trop votre kiff d’aller dans une conférence ». Et le spectacle est fort pour dire « on va passer un chouette moment ensemble, on va découvrir une histoire qui parle de zéro déchet et donc elle va créer des petites connexions ».

Je l’utilise avec 2 objectifs principaux. Pour ceux qui sont déjà dans une démarche et qui vont se retrouver dans cette histoire. Parce que je pense que dans tout ce qui est expliqué, il y a toujours un moment où on s’identifie et qu’on se souvient avoir vécu ou ressenti la même chose. Il y a aussi le fait que l’on peut amener la famille et les amis qui sont un peu entre deux. On va passer un chouette moment ensemble, on va découvrir ce spectacle et comme ça, on a un dialogue qui va pouvoir se créer entre nous.

Avoir une tierce personne qui vit ce qu’on vit, c’est plus facile pour montrer notre situation plutôt que d’avoir le dialogue direct. Parfois les gens se bloquent complètement, ils ne veulent pas aborder le sujet avec ceux avec qui ils sont en contact par rapport à cette histoire de zéro déchet. Surtout si ce sont des gens de la famille ou de l’entourage proche.

L’autre objectif, c’est que ça aille dans les écoles. J’adore mon métier, c’est vraiment la transmission. La transmission j’aimerai la faire, auprès des adultes mais aussi auprès des enfants. Moi je m’éclate, je trouve que ce sont des publics sans filtre. En fait, ils sont là, ils sont dans l’ouverture, ils sont dans la découverte ! Dans le spectacle, j’ai un costume, il y a une histoire, il y a des interactions avec un personnage, le fameux lombric et donc il y a des postures, ça bouge. Pour eux, il y a un côté divertissement, mais derrière, ils absorbent une information qui est essentielle. Une information qui va leur permettre d’amener le débat dans leur famille, auprès de leurs parents.

Évidemment, créer une histoire dans les écoles, c’est aussi d’avoir un travail pédagogique avec eux en amont ou après le spectacle. Je suis en train de créer un dossier pédagogique, qui va accompagner le spectacle pour que les écoles puissent faire plus que seulement voir le spectacle.

Vivre le zéro déchet en famille

Comment gérer une démarche zéro déchet avec des ados

Mélissandre : C’est vraiment formidable, parce qu’au final, c’est former un petit peu les futures générations. C’est de leur avenir dont on parle. Je suppose que tes enfants doivent être fiers d’avoir une Super Maman comme toi ?

Sylvie Droulans : Soit elles sont fières, soit ça dépend ! Elles sont quand même dans une phase d’adolescence, donc à des moments un peu plus rebelles. On essaye toujours de discuter. Par exemple, une de mes filles voulait une paire de chaussures modernes d’une certaine marque. Pour moi c’est hors de question que je les achète neuves, donc ça sera de la seconde main et je vais attendre qu’elle me le redemande plusieurs fois pour être sûre qu’elle en a vraiment besoin. Si elle en a réellement besoin, on va le faire. C’est vrai qu’elle va avoir plein d’amis où chez eux, ils ont tout de suite parce qu’ils vont au magasin et c’est fini ! Nous on a toujours une discussion.

Avant tout, pour essayer de faire comprendre les conséquences de nos choix. Elles n’ont pas 40 paires de chaussures, il y a tout un débat pour faire les achats. C’est vrai que pour certains enfants dont les miens, même si je pense que ce qu’on a mis au fond d’eux est ancré, il y a des moments de frustration. Peut-être que quand elles quitteront la maison, elle se diront « là je vais manger ce que je veux ! », et peut être qu’elles reviendront dessus après.

Mélissandre : De toute façon, je pense que même si on comprend le pourquoi, c’est le fait d’être contre les parents. Il y a toujours une période, où on veut tenir tête à nos parents même si comprend très bien les convictions, surtout avec l’écologie. Je pense que les jeunes aujourd’hui sont très alertes sur le sujet. On arrive à comprendre pourquoi c’est important d’être dans cette démarche, mais quand il s’agit des parents qui nous disent quoi faire, c’est une autre histoire.

L’importance du dialogue et du faire ensemble dans une famille zéro déchet

Sylvie Droulans : C’est pour ça, je pense que c’est important dans une famille d’avoir un dialogue. D’aborder pourquoi à nos yeux c’est important. Comment eux peuvent l’intégrer et peuvent s’épanouir aussi là-dedans, en acceptant des zones de liberté dans certains cas où vraiment il y a une grande friction dans la famille. C’est de pouvoir trouver quelles sont les zones de liberté qu’on peut laisser et accepter qu’il y a une partie où on ne maîtrise pas. Par contre sur d’autres parties, là on met des cadres avec une règle spécifique qui permettra d’atteindre notre objectif.

L’Académie Zéro Déchet, plus qu’une démarche, un programme complet de développement personnel autour du zéro déchet

C’est quoi cette Académie Zéro déchet ?

Mélissandre : Faire ensemble et être accompagné c’est aussi important au sein d’une famille. C’est toute cette pédagogie que tu mets aussi en place avec l’académie zéro déchet ? Est-ce que tu peux nous parler un petit peu de cette académie,  qu’est-ce que c’est, à qui ça se destine ?

Sylvie Droulans :  L’académie est née d’une réalité, qui est , que quand je faisais mes conférences, j’apportais un certain nombre de solutions mais les gens repartaient chez eux et ça s’arrêtait là. Il fallait que les gens puissent trouver des solutions dans leur quotidien. Donc il y a mes livres qui viennent déjà compléter et qui apporte plein de de trucs et astuces.

Chacun se débrouille mais certaines personnes voulaient vraiment qu’on les aide et qu’on les prenne un peu par la main. Je me suis rendue compte, que je ne voulais pas une académie où je ferai une liste de toutes les actions à mettre en place pour réduire vos déchets et vous picorez dedans. Donc j’ai vraiment créé un programme de développement personnel. Je pense que le zéro déchet, ce n’est pas encore la norme, donc quand on se lance dans cette démarche, on va devoir s’affirmer et oser s’exprimer. Il faut oser aller avec nos propres boîtes chez notre boucher, c’est parfois discuter avec lui et pouvoir s’affirmer petit à petit.

C’est aussi pouvoir prendre conscience, que l’on a les compétences pour faire soi-même ses produits d’entretien, les compétences pour cuisiner soi-même ses légumes et se faire confiance. L’académie, c’est un programme qui s’étend sur 12 étapes, entre 3 et 4 mois. Il y a tout un programme, par semaine on reçoit des petits exercices et des petites vidéos qui nous accompagnent sur une thématique.

Que contient le programme de l’Académie pour devenir un éco-héros ?

C’est découpé en 4 phases, chaque phase étant une étape de développement. C’est-à-dire, qu’on démarre en découvrant l’univers dans lequel on a grandi, la question des déchets, quel est leur problème, quelles sont nos difficultés etc.

Puis, on va passer à la phase de transformation. Là, on va plutôt aborder quel type d’éco-héros on est. En fait, quand on se lance dans une démarche comme celle-là, on a des doutes sur soi-même, on est les plus mauvais juges de soi. Si on connait ses forces et ses faiblesses, ça permet de pouvoir avancer en acceptant de mettre certaines actions de côté pour le moment.

Après, on a une 3e phase, qui est plutôt la phase d’action. Là, on va vraiment proposer un ensemble de possibilités d’action, mais chacun choisira ce qu’il a envie de faire en fonction de son vécu, de ses capacités, de ce qu’il y a à disposition et aussi dans son environnement proche.

On clôture avec une 4e phase, qui est basée sur le fait de partager et répandre notre démarche autour de soi. Comment en parler auprès des proches et de la famille avec les bonnes clés de communication et de sensibilisation. On discute aussi la question du travail. Comment je peux devenir un acteur de changement au sein même de mon entreprise, en proposant des solutions.

Agir ensemble au sein du programme

Donc c’est vraiment un programme très complet et c’est un programme de développement personnel. C’est un accompagnement via des vidéos, mais il y a surtout des coachings collectifs qui ont lieu toutes les 2 semaines. Il y a des moments à thématiques spécifiques et des fois des moments de dialogue et question/réponse où l’on partage les avancées. On a aussi des experts, qui interviennent dans l’académie pour compléter sur des sujets que je connais mais que j’ai envie de faire découvrir sous un angle différent. Par exemple on a eu un intervenant sur l’énergie verte, sur l’alimentation vitalité, ou encore du désencombrement et de la cosmétique naturelle. Il y a plein de choses comme ça, ce sont des sujets qui vont compléter tout le débat autour du zéro déchet. L’idée est de donner envie à chacun d’aller picorer un petit peu plus loin certains sujets.

Il y a cette richesse, de faire partie d’une communauté de personnes qui évoluent en même temps. Souvent, quand on avance tout seul, on ne sait pas trop à qui demander, on est un peu perdu et là il y a une communauté avec qui on peut communiquer. Ainsi, on a une page Facebook privée pour les éco-héros et puis j’essaie d’initier au moins une fois par an une rencontre en présentiel. On essaye de trouver un lieu commun, où on va se rencontrer. On l’a fait l’an passé mais avec le contexte COVID, on n’a pas pu faire ce qu’on voulait. Il y a aussi des compléments de formation plutôt présentiels que j’aimerai mettre en place, mais là pour le moment vu le contexte, j’attends un petit peu.

Une communauté bienveillante pour rester engagé

Mélissandre : Moi j’ai beaucoup aimé cet aspect communauté, et surtout de vraiment mêler le développement personnel à la démarche. On ne s’en rend pas compte, mais quand on se lance dans une démarche comme ça, on change à l’intérieur et on change énormément mentalement. Le fait d’être accompagné, c’est important. Je pense que tu as déjà expérimenté tout ce qui est lié à l’éco-anxiété et le fait d’être dans des périodes anxiogènes. On pense savoir ce qu’il en est et quand on comprend vraiment, ça peut être dur à digérer comme information. Donc avoir une communauté et il y aller à son rythme c’est primordial.

Sylvie Droulans : Ce qui est important aussi, ce sont les objectifs en tant que groupe. Quand on est seul, on se donne rarement un objectif. Dans l’académie, je vais stimuler chacun à se donner une sorte d’objectif. Alors ça peut être en termes de poids de déchets, ou des actions à mettre en place. Quand on sait qu’il y a quelqu’un qui connaît cet objectif, on s’est un peu engagé face à cette personne. Si on est tout seul, on connaît la procrastination.

C’est un des sujets que j’aborde aussi, comment aujourd’hui le cerveau est fait avec ce système de procrastination. Il n’a pas ce réflexe comme avec incendie. Si on voit le feu, on sait qu’on doit courir. Avec le zéro déchet il n’y pas ce sentiment d’urgence. Aujourd’hui on est détaché du problème environnemental car on ne se pose pas la question si ce n’est pas visible directement. S’il y a un feu comme en Australie, les gens prennent un peu conscience des choses mais on oublie assez vite tout ce qui se passe.

Nous avons démarré tout seul mais je pense qu’on a perdu pas mal de temps à cause de cette procrastination. C’est pour ça c’est bien d’être accompagné avec une forme d’engagement.

L’écolo imparfaite derrière l’experte zéro déchet

Les enfants qui cachent les preuves des déchets

Mélissandre : C’est vraiment passionnant. On a parlé de beaucoup de choses, et un petit peu de toutes tes casquettes. Je pense qu’il faudrait une interview très longue pour les aborder toutes en détails ! Pour terminer l’interview, on pose toujours une question à nos invités.

Est-ce que tu aurais une anecdote à me raconter d’une chose un peu drôle, un peu cocasse ou quelque chose dont tu as un petit peu honte qui te serai arrivée dans ton parcours de zéro déchet ?

Sylvie Droulans : Je pense qu’au niveau de la cuisine, il m’est déjà arrivé tellement de fiascos, encore aujourd’hui ! Par exemple, on a une machine à pain pour faire du pain nous-mêmes, il m’est arrivé pleins de fois de rater en utilisant la mauvaise levure. Alors tu te retrouves avec un pain tout plat pas bon du tout. Les trucs cocasses, ce sont souvent mes filles qui cachent un maximum les preuves quand elles vont manger avec des copains dehors. Alors je m’en rends compte quand je fais les poches des habits en faisant les lessives, c’est rigolo !

Les chips… C’est vraiment trop bon !

Sylvie Droulans : Et puis il y a des produits comme les chips, quand on allait chez des amis, j’en mangeais vraiment beaucoup du coup ! Maintenant j’ai trouvé des petites alternatives, mais les chips en regardant en arrière, c’est particulier.

Mélissandre : C’est drôle, tu es la 2e personne qui nous répond les chips quand on pose cette question !

Sylvie Droulans : C’est parce que c’est difficile à trouver un équivalent. J’ai déjà essayé d’en faire moi-même, mais le problème c’est que ça part super vite ! Et le goût et le croquant ce n’est pas pareil que quand c’est transformé. Maintenant, il existe des alternatives. On a été en France cet été et on a trouvé des chips en tubes en carton, c’est déjà mieux. Après on peut choisir de se dire, j’en mange et puis j’accepte ces déchets. C’est à nous de faire notre propre jugement. Il y a des gens qui peuvent avoir un regard critique, il y aura toujours quelque chose à dire. On développe du répondant et il faut en avoir pour réussir à retourner la situation.

Ce sont souvent des gens qui ne font rien, c’est l’opportunité de leur renvoyer un miroir par rapport à leur responsabilité. Il faut aussi accepter que parfois on a des craquages, que parfois on n’a pas le temps de faire et c’est comme ça. C’est mieux comme ça pour que l’on puisse continuer dans sa démarche plutôt que de tout le temps sans vouloir.

Le mot de la fin

Mélissandre : On est totalement d’accord, c’est vraiment essentiel comme approche. Je crois qu’on a fait le tour pour l’interview, est-ce que tu as un petit mot à rajouter ?

Sylvie Droulans : J’étais très contente en tout cas d’être interviewé par vous Les Écolos Imparfaits. J’adore le nom en tout cas ! Je pense qu’en répandant un message qui est beaucoup plus bienveillant et dans l’imperfection, ce sera plus facilement accepté. Ensuite, il y a un fait indéniable, c’est qu’on ne peut plus attendre et qu’il faut qu’on agisse. Je pense que l’urgence est belle et bien là et qu’il faut beaucoup plus de monde pour pouvoir agir pour l’environnement.

Mélissandre : Merci beaucoup pour ce partage, ton blog c’est Zéro carabistouille, on partagera tous les liens et aussi ton livre « Le zéro déchet sans complexe ».

Sylvie Droulans :  Oui c’est le premier livre, le 2e c’est « Zéro déchet guide pratique pour toute la maison », à retrouver dans toutes les bonnes librairies. On peut aussi les commander en ligne ou sur mon blog. Puis, il y a un 3e qui va arriver qui s’appelle « Révéler l’éco-héros qui est en vous ». C’est justement aborder le programme de l’académie, sous un outil qui est très complémentaire. L’idée c’est de travailler cette transformation pour devenir un héros épanoui à la cape triomphante !

Mélissandre : Et celui-là, il sort bientôt ?

Sylvie Droulans : C’est compliqué, parce qu’il y a une pénurie de papier. Je suis encore en train de l’écrire, ça devrait sortir fin du premier semestre, début du 2e, je croise les doigts. En tout cas ça avance !

Mélissandre : On croise les doigts avec toi ! Sylvie je te remercie en tout cas, et puis je te dis à bientôt peut être !

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